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Je nage dans la bulle de l'inaction. L'exacte endroit où j'envisage, où je projette, où je construit les buts, où je m'approche de l'action sans l'atteindre. Ne pas faire par peur du mauvais choix, pour ne pas commencer un projet plutôt qu'un autre. Comme si l'ordre d'exécution de ceux ci était d'une capitale importance. Que cela conditionnait leurs réussites individuelles, leur réussite globale, ensemble, comme une mur est fait de brique, comme un édifice. Il s'agit presque du risque d'effondrement du monde.
Alors j'attends, en apnée, immobile, pensant.
Mais le vie ne dure qu'une seconde et déjà je sens l'eau dans mes poumons. Aussi je gesticule, je feins la résistance, je me persuade, parfois j'attrape un bord, un sujet, un thème, un espoir. Souvent c'est l'inverse, après l'effort, pouvant toucher terre, tout proche, j'y renonce, par orgueil peut être, parce que c'est plus facile "d'avoir pu" que d'avoir fait mal. Souvent plus une rive s'éloigne plus elle est belle et attirante, c'est là le piège que le centre du vide tend, pour mieux attirer à lui, mieux maintenir en son milieu. Alors le cycle reprend et d'immobile je gesticule, me noie toujours et n'agit pas.
A trop réfléchir au temps je le perd en voulant l'économiser. Alors tan pis j'attraperai maintenant tous les bords, vert ou jaune, grand ou petit, fictif ou réel. J'attraperai tout sans compter, sans regarder même. J'agirai pour agir, pour vivre, pour ressentir l'air.
Mais voilà peut être qu'encore je gesticule.