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Pas moyen d'être plus descriptif qu'une carafe en étain sur une crédence en cerisier.
Le mobilier semble familier, et on peut commencer à tâter images après images un salon, où les premières flambées de la saison illuminent la cheminée en pierre. Carrelage blanc sur le sol, un grand canapé, et bien entendu une table basse en bois massif sur laquelle repose quelques catalogues au hasard.
Marcher dans cette pièce c'est comme glisser lentement dans cette zone de stabilité, un motif figé et rassurant, un entonnoir où s'entassent les rêves pour ne jamais en échapper.
Ceux qui habitent ces lieux sont encore ces sortes de robots sophistiqués, les créations de la paranoïa. Leurs yeux d'insecte sont sensible aux vibrations de l'air. Ils sont à moitié télépathe, cela veut dire qu'ils connaissent tes faiblesses et qu'ils les utilisent pour te déstabiliser. Jamais ils ne te feront douter de ce qu'est la réalité. Ils parlent ainsi, vrai, faux, bien, mal, noir, blanc. D'un entonnoir à l'autre, ils guident les pensées, du passé au futur, de regrets en peurs, sans jamais effleurer le présent. Ils fuient l'instant, ils fuient l'amour, se cachent dans des raisons, des causes et des conséquences, se défendent à coup de devoir, de honte et de valeurs.
Dans cette paranoïa, ils font de la beauté l'instrument du vide et de la frustration, et trahissent l'émerveillement pour affamer puis te nourrir de leur suc venimeux.
Le plaisir, le désir, travestis sous le nom de joie, finissent d'écarteler les fondations de l'être, et dans ces ruines germe leur étendard.
Il n'y a plus de Dieu, plus que l'obéissance tacite au modèle. Plus de philosophie, que la démonstration complexe du bon sens. Ceux qui parlent la bouche pleine font aussi parfois semblant d'avoir quelque chose à dire, mais la plupart fait semblant de se taire.
Et le mobilier s'entasse, toujours aussi familier, jusqu'à devenir si dense qu'il a presque recouvert tout entier la question, celle qu'il ne faut pas poser.
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Pourquoi?
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